Jacques a dit du mois d’août : Les femmes d’influence

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Le « Jacques a dit » de Métaphore du mois d’août proposé par A vue de nez me permet d’aborder sur ce blog deux de mes écrivains préférés ; Simone de Beauvoir et Françoise Giroud. Je crois être autant admirative de leurs parcours que de leur écriture et ça tombe bien, l’intitulé du challenge est « Femme d’influence ». Et influentes elles l’ont été pour le XXème siècle, chacune à leur manière. Pour me remémorer leurs vies, j’ai choisi de lire deux livres pour chacune d’entre elles et de les mettre en parallèle avec des biographies plus officielles. Ainsi pour Simone de Beauvoir « Les mémoires d’une jeune fille rangée » le premier volet de sa trilogie autobiographique et la biographie de Deirdre Bair « Simone de Beauvoir » et pour Françoise Giroud une de ses autobiographies, publiée à titre posthume « Une femme libre » et la biographie de Laure Adler « Françoise ».

D’un premier abord, il est frappant de constater les similitudes de ces deux destins. Beauvoir et Giroud ne sont pas nées à la bonne époque, pour les femmes du moins. La première en 1908, la seconde en 1916. Toutes deux dans des familles de « déclassés ». C’est plus frappant pour Françoise Giroud, dont la famille qui vivait en Turquie a subi l’exil politique. L’arrivée en France et la mort prématurée du père (dont la cause sera un des secrets les mieux gardé par sa fille) fera basculer les Gourdji dans la pauvreté. Beauvoir elle a connu une enfance relativement protégée avant une faillite familiale mais l’on taisait les soucis d’argent quand on était issu de la petite noblesse. Le plus gros problème à l’époque et pour ces deux femmes surtout était de naître fille. La légende familiale relayée par Françoise Giroud racontait qu’à sa naissance son père ait été effondré  » Ma première leçon, je l’ai reçue de mon père, le jour de ma naissance. J’étais sa seconde fille. La première avait six ans déjà. Il voulait un fils. En me voyant, il a dit :  » Quel malheur !  » – et il m’a repoussée. […] Je n’ai cessé de demander pardon, autour et alentour, de n’être pas un garçon. Je n’ai cessé de vouloir faire la preuve qu’une fille, c’était aussi bien. » (in « Leçons particulières »). Beauvoir, elle par chance, était l’aînée ; il y avait encore un espoir. Mais dans les deux cas, le destin prévu était, au mieux, un bon mariage.

Il va sans dire que ces eux là n’ont eu de cesse d’exister par elles-mêmes et qu’un mari ne faisait pas le poids face à une carrière potentielle. Car les deux furent carriéristes, avant même que le terme existe. Giroud n’a pas eu la possibilité de faire des études et se contenta d’un diplôme de steno-dactylo ce qui lui fera répondre à la question vulgaire d’un député sur son niveau d’étude « Monsieur, je suis agrégée de la vie ». Beauvoir elle, a été la plus jeune agrégée de philosophie de France à 21 ans, elle ne fut pas major malgré une note supérieure à celle d’un certain Jean-Paul Sartre…question de sexe bien sûr. Si le professorat tendait facilement les bras à Beauvoir, l’ascension de Giroud fut plus laborieuse mais quand on a comme premier travail à 16 ans d’être la secrétaire d’André Gide, c’est qu’on a une bonne étoile.

Je ne vais pas m’étendre plus sur le parcours de ces deux femmes, je vous laisse le découvrir si ce n’est déjà fait. Une dernière similitude seulement, elles vécurent toutes deux des histoires d’amour atypiques. Giroud avec Servan-Schreiber, la grande passion de sa vie et Beauvoir avec Sartre, qui fut plus une entente intellectuelle parfaite qu’une passion dévorante (qui sera l’apanage de Nelson Algren…)

Pour finir sur ce petit (hum) préambule, sachez qu’elles se détestaient cordialement. Giroud n’a eu qu’une phrase à l’annonce de la mort de Beauvoir « Elle s’habillait mal »…

Passons à l’histoire écrite et privilège de l’âge, par Simone de Beauvoir.

Il est facile pour un biographe de retracer la vie de la philosophe tant elle a tout consigné de ses faits et gestes de ses 15 ans à sa mort. Tout. Par le biais de journaux, d’autobiographies et d’une correspondance qui ferait pâlir Amélie Nothomb. Il y a cette volonté farouche de relater le quotidien dans sa plus pure objectivité. Mais cela ne vaut que pour ses carnets et ses lettres qui furent publiées pour la plupart de façon posthume, ses autobiographies diffèrent toutes légèrement des écrits plus personnels. Je ne crois pas qu’il y ait une volonté de masquer des faits dans les « Mémoires d’une jeune fille rangée » mais qu’il s’agisse plutôt d’un autre regard. Si Beauvoir décrit Simone dans ses carnets elle relate la vie de l’écrivain et de la philosophe dans le premier tome de son autobiographie.

J‘ai choisi la biographie de Deirdre Bair dans la multitude de celles publiées pour élément de comparaison, non pas pour relever les différences mais pour au contraire souligner la formidable platitude de ce texte. Ce n’est absolument pas une critique mais un constat : ce texte est un très bon condensé de ce qu’à pu dire Beauvoir d’elle-même. Il est parfait pour ceux qui veulent avoir une vue d’ensemble de la vie et de l’œuvre de l’auteur, sans en avoir à lire les carnets et la correspondance.

Je suis assez admirative du travail de biographe que fait Sylvie Le Bon de Beauvoir, la fille adoptive de la philosophe qui publie régulièrement, sans ajout si ce n’est quelques notes, les textes personnels de Simone de Beauvoir. Sans analyse, sans avis, ces documents permettent à ceux qui s’intéresse à sa vie d’avoir ce que la philosophe à toujours voulu ; la vérité. « Et même si je l’ai entrepris, c’est en grande partie parce que je sais qu’on ne peut jamais se connaitre mais seulement se raconter. » (in « La force de l’âge »)

Pour Françoise Giroud passez-moi l’expression mais c’est une autre paire de manches. Giroud a passé sa vie à composer avec son histoire. L’enfant blessé a parlé tout au long de son existence. C’est grâce à Alix de Saint-André et son travail de bénédictine qu’on a pu lire en janvier 2013 soit dix ans après la mort de la journaliste le texte le plus sincère qu’elle ait écrit sur elle-même, texte qu’elle avait affirmé avoir détruit. « Histoire d’une femme libre » a été rédigé pendant la convalescence de sa tentative de suicide en 1960. L’année où elle a tout perdu ; l’homme de sa vie et son travail. L’un n’allait pas sans l’autre. Jean-Jacques Servan-Schreiber et elle avaient fondé l’Express, enfant de papier d’un couple fusionnel. JJSS a vendu l’Express sans son accord et peu de temps après en a épousé une autre. C’est une femme exsangue qui rédige ce texte. Tout mensonge est vain, toutes les barrières, inutiles ; il est écrit par elle, pour elle. On y découvre l’autre versant de la dame de fer, combien il a été dur d’être la petite Gourdji, la plus pauvre de l’école. L’éducation remarquable mais féroce d‘une mère qui voulait que ses enfants se tiennent, la vie d’une femme qui n’a jamais pu ni jamais voulu laisser le destin en décider pour elle. Quand tout s’effondre il ne reste que ce qu’elle a toujours su faire, écrire « Être seule, c’est ne plus avoir, auprès de soi, quelqu’un de qui se faire entendre sans parler ».

Dans « Leçons particulières » ont peut lire ceci : « A l’âge où l’on se dit:  » Qu’ai-je fait de ma vie? « , on s’aperçoit que ce sont les autres qui vous ont formé et parfois déformé, qu’on leur doit qui l’on est, pour le meilleur et pour le pire, qu’une existence, ce sont des rencontres avant d’être des événements », (ce qui est la parfaite antithèse de la version beauvoirienne de l’existence), c’est bien un travail de journaliste qu’a fait Giroud dans cette autobiographie.

Lire simultanément son autobiographie officielle et ce récit, c’est lire la même histoire, à quelques ellipses volontaires près mais pas écrite de la même main. C’est lire l’écrit du dedans et du dehors.

La biographie de Laure Adler dérange, comme tout ce qui a été écrit sur Giroud et qui ne vient pas d’elle-même. J’en profite pour vous déconseiller de toutes mes forces le texte de Christine Ockrent qui est tout simplement abjecte. Adler creuse le mythe Giroud mais comme pour Beauvoir, je vous conseille avant tout de lire la version de l’auteur. Si omission il y a, c’est le choix de l’écrivain…

Pour conclure, ce sont deux femmes qui m’ont littéralement construite. Je les lis depuis mon adolescence (il y a de ça …oui, longtemps), je sais que si elles me lisaient elles feraient une crise cardiaque devant un tel style…je continue à piocher dans leurs livres des morceaux de vie parce que près d’un siècle après leur naissance, ce n’est toujours pas facile d’être une femme libre.

Françoise Giroud
« Françoise » Laure Adler
Éditeur : Grasset
EAN : 9782246759294
Nombre de pages : 496

« Histoire d’une femme libre »
Éditeur : Gallimard
EAN : 9782070138401
Nombre de pages : 248

Simone de Beauvoir
« Mémoires d’une jeune fille rangée »
Éditeur : Galliamard
Collection : Folio
Nombre de pages : 472

« Simone de Beauvoir ». Deirdre Bair
Éditeur : Fayard
EAN : 9782213025360
Nombre de pages : 834

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Le cas Eduard Einstein. Laurent Seksik

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Je pensais, comme beaucoup de monde, tout connaître de la vie d’Albert Einstein, cette image d’Epinal des sciences. Comme tout le monde, il m’évoque le fameux E=MC2  et comme tout le monde expliquer cette formule m’est impossible. Il y a aussi bien sûr cette photo d’un génie tirant la langue, celle avec Marie Curie, bref je n’ai jamais cherché à creuser plus que ça la vie du grand homme. C’était avant de lire le nouveau livre de Laurent Seksik au titre accrocheur « Le cas Eduard Einstein », le bandeau surtout m’a intrigué. On y voit une photo d’Albert Einstein et d’un homme assis à coté de lui avec cette phrase en surimpression « Les gens prétendent que je suis fou. Je suis le fils d’Einstein ». Einstein avait deux fils, dont un malade…
Eduard donc, fils ainé de Milena et d’Albert. Diagnostiqué à vingt ans Schizophrène. Sesksik  fait le récit de vie de cet homme à travers trois voix ; la mère, Eduard, le père.
On ne sait pour qui pencher…la maladie d’Eduard est très bien décrite, c’est un homme qui alterne entre ses convictions (il entend des loups hurler la nuit, il dialogue avec lui-même), ses moments de pseudo apaisements, quand il peut avoir des permissions de sorties du centre dans lequel il est interné, et ses ressentiments à l’égard d’un père qui a quitté le foyer familial pour une autre femme…
La mère, née trop tôt dans une société complètement patriarcale, elle-même extrêmement intelligente. Elle a été une des premières femmes à avoir intégré l’école Polytechnique de Zurich, pour finalement être mère au foyer, femme de savant.
Einstein enfin qui incarne dans ce roman la dichotomie du passionné, il sait que son travail lui prend tout, mais ne peut se résoudre à composer. C’est finalement le personnage le plus fragile du livre…
Un roman très intéressant, pas seulement pour ceux qui veulent connaître la vie domestique de l’homme qui a marqué le XXème siècle, mais aussi pour ceux qui voudraient avoir un aperçu de ce mal étrange qu’est la Schizophrénie.

Editeur : Flammarion
Ean : 9782081248571

Citations :

  • Il apprend à son fils le nom des arbres et celui des oiseaux. L’enfant boit ses paroles. Pourtant il sait déjà tout. Tete est si doué. L’enfant le corrige sur le nom d’un rongeur ou d’une fleur des bois. Mais parfois, et de façon brutale, l’enfant se retire du monde. Eduard s’absente. Eduard se tait. Eduard entonne une comptine. Et ce qu’il exprime est soudain dissocié du contexte. Son discours est brisé. Après tout, le fils ne tient-il pas de son père ? Lui-même était un enfant différent des autres, solitaire, irascible, surnommé « l’ours » et dont les crises de colère terrorisaient l’entourage.
  • Il est nulle question de nature. Il est question de courage. Il a eu tous les courages. Braver la Gestapo, soutenir, un des premiers, la cause des Noirs, aider à la création de l’Etat juif, braver le FBI, ne pas baisser l’échine, ne jamais renoncer, écrire à Roosevelt pour construire la bombe contre l’Allemagne et écrire à Roosevelt pour arrêter la bombe destinée au Japon. Soutenir les juifs opprimés par le Reich. Pétitionner. Être en première ligne. Mais aller voir son fils est au-dessus de ses forces. Il a trouvé ses limites. Seul l’univers ne connaît pas de limites.
  • J’aime regarder jouer les enfants. Ils parlent de construire un château. Hop, ils vivent dans un château. Ils disent, je suis le roi de Transylvanie et toi un vampire, et les voilà transformés. Les enfants sont tout à fait normaux ? Et ce sont des personnes très douces comparativement aux adultes, (…) La vie m’a appris que rien n’était définitif. Pourtant je crois savoir que je n’aurais jamais d’enfants. C’est sans doute la meilleure façon d’éviter d’être père.

Le syndrome Copernic. Henri Loevenbruck

syndrome copernic. Couv

Ma grande joie dans cette lecture a été qu’elle se termine. Car oui, ce livre m’a profondément ennuyée. L’histoire : Vigo Ravel est schizophrène, il fait un boulot pas marrant dans une des grandes tours de la Défense ; quand soudain, c’est le drame : un attentat monstrueux dans ladite tour. Vigo s’en sort, c’est le seul survivant mais ce qui lui pose un gros problème existentiel c’est qu’il s’en est sorti grâce à une hallucination auditive qui lui a permis de quitter la tour avant son effondrement. Bon, jusqu’ici, tout va bien, on se dit qu’on est en plein polar, qu’on va se retrouver le terroriste qui a fait ça et qu’à coup sûr, super Vigo va sauver le monde. Sauf que non, pas du tout, on part pour 500 laborieuses pages dans lesquelles Vigo va se rendre compte qu’en fait il n’est peut-être pas autant schizo que ça, et que, éventuellement, c’est peut- être une machination des grands méchants qui dirigent le monde et que ouf il va tomber sur des gentils hackers qui vont l’aider à démêler le vrai du faux (que toi, lecteur, tu comprends à la page 67 mais que Vigo, lui, pas du tout).

Je vais être gentille, je vais dire que reprendre platement les personnages de Millenium pour décrire les personnages des hackers est un vibrant hommage à Stieg Larsson et que faire de la philosophie de bas étage, du Jean-Paul Sartre pour les nuls, du concept de l’altérité vu par Dora l’exploratrice, voir, vu par son fidèle Babouche, est une mignonne tentative d’éducation des masses mais c’est un chouïa trop voyant… (Je ne résiste pas à l’envie de vous citer cette phrase magnifique : « On ne peut pas échanger ce qui est identique mais plutôt ce qui est différent », toi, oui toi qui passeras peut-être le bac en 2014, n’hésite pas à la recaser, tu n’auras pas forcément ton diplôme mais tu te retrouveras à coup sûr dans les perles du bac).

Voilà, voilà, un livre qui m’a fait le même effet qu’une intégrale de Guy Beart, la musique en moins.

Mais bon, ce n’est que mon avis. Comme je suis une grande kamikaze, je vais enchainer sur le dernier Nothomb.

Bonne semaine à tous !

Éditeur : J’ai Lu
EAN : 9782290006511
Nombre de pages : 509 (de trop)

Citations :

  • L’invention du langage est le plus bel aveu de notre incapacité à nous comprendre.
  • Ne rêvez pas: Moi est inaccessible. Et je ne dis pas ça pour me vanter. C’est comme ça, c’est dans l’humain.
  • Tant que l’autre restera autre, nous serons les victimes d’une éternelle intercommunicabilité.

La quatrième de couverture :

Un matin d’été ordinaire, trois bombes explosent dans une haute tour du quartier de la Défense. Toutes les personnes qui étaient entrées dans le gratte-ciel périssent dans l’effondrement. Toutes, sauf une. Vigo Ravel, quelques minutes avant l’attentat, a entendu des voix dans sa tête qui lui ordonnaient de fuir. Et il a survécu. Il comprend alors qu’il détient un secret qui pourrait changer la face du monde. Mais il ne suffit pas de connaître un secret, si grand soit-il. Encore faut-il en comprendre l’origine. Qui sont ces hommes qui le traquent ? Quelle énigme se cache derrière le Protocole 88 ? Que signifient les voix que lui seul semble pouvoir entendre ? Il est des mystères qui valent tous les sacrifices. Même celui de l’âme.

jean-paul Sartre        Versus                   cache-cache-dora-babouche

Le bal des débris. Thierry Jonquet

Le bal des débris. Couv

Peut-on rire de tout ? Oui, disait Desproges mais pas avec n’importe qui. Ici, franchement on rit de ce qui a priori, n’est pas vraiment risible.

Les débris, ce sont les petits vieux que transporte chaque jour Fredo sur ses chariots dans un hospice-mouroir. Marié à une fanatique de l’Internationale et des bulletins CGT, il vit dans un petit deux-pièces. Sa routine lui pèse…alors quand arrive dans un service de rééducation un ancien malfrat pas vraiment rangé des voitures et qu’une des chambres de l’hospice est jalousement gardée par des cerbères d’une société de sécurité, la tentation est grande de se lancer dans une nouvelle carrière de monte-en-l’air.

Je ne me suis rarement autant amusée à lire un roman comme celui de Thierry Jonquet ; entre l’épopée de ces nouveaux « tontons flingueurs », la description cynique à souhait du milieu gériatrique et de ses occupants et le rythme des rebondissements de cette quête improbable du trésor de la chambre n°9, on ne s’ennuie pas un seul instant !

Éditeur : Points
Collection : Points Roman noir
EAN : 9782757815243

Citations :

  • En langage médical, pour ne pas dire « les vieux » ils disent gériatrie.
  • N’allez pas croire ça, il ne s’agit pas de coller les vieux dans un lit et d’attendre qu’ils claquent ! Ah non, non, non ! Avant, il faut qu’on les opère, qu’on les irradie, qu’on essaie sur eux les nouveaux médicaments, et surtout qu’on les rééduque ! Manquerait plus qu’à 90 ans ils marchent de travers ! Marcher droit, bouffer droit, crever droit, et qu’ça saute, une deux !
  • L’hosto où je travaille est un hosto pour vieux. Quand un vieux se casse une jambe, quand il se fait renverser par un bus, ou quand il avale le pommeau de sa canne pour en finir, on l’amène dans mon hosto. Pour qu’il y crève ! En fait d’hôpital, ce serait plutôt la salle d’attente du cimetière. Depuis que je pousse mes chariots, jamais je n’ai vu quelqu’un sortir d’ici vivant, sauf pour aller dans un autre hosto, ce qui n’est pas du jeu !

La quatrième de couverture :

Frédo aurait voulu être un gangster. Seulement, au lieu de manier la mitraillette devant un comptoir de banque, il pousse des chariots dans un hôpital pour vieux. Heureusement, il y a Lepointre, un vioque pas comme les autres, expert en combines et truand indécrottable. Quand une riche pensionnaire vient échouer à l’hosto, ils s’imaginent déjà des diamants plein les poches…

 

84, Charing Cross Road. Helene Hanff

84 Charing Cross Street. Couv

Un petit bijou !


Qui ne rêverait pas d’avoir Helene Hanff comme amie ?!
Bibliophile et passionnée, Helene, américaine née en 1916, entre en contact épistolaire avec les membres de la librairie anglaise Marks & CO du 84 Charing Cross Road. Cette librairie spécialisée en livres anciens devrait pouvoir lui trouver les éditions recherchées et lui permette d’assouvir sa passion.

C’est cet échange de lettres entre 1948 et 1968 qui est donné ici et c’est jubilatoire. Helene Hanff a un caractère bien trempé, beaucoup d’humour et une solide culture générale. Au fil des lettres une complicité puis une amitié s’installe entre Helene et ses correspondants. Tout le monde, des employés à leurs familles, a envie de correspondre avec elle.
Elle, rêve de fouler le sol anglais…

J’ai adoré cette histoire d’amitié née autour des livres. Une histoire qui est tellement belle qu’on a du mal à croire qu’elle est vraie.Tout libraire devrait avoir son Helene Hanff !
J’attends avec impatience de recevoir   « La duchesse de Bloomsbury Street », pour retrouver la verve new-yorkaise de cette lectrice hors normes !

Éditeur : LGF/ Livre de poche
EAN : 9782253155751
Nombre de pages : 156

Citations:

14 East 95th St.
18 novembre 1949

QU’EST-CE QUE C’EST QUE CETTE SINISTRE BIBLE PROTESTANTE QUE VOUS M’AVEZ ENVOYEE ?
Pourriez-vous avoir l’amabilité de faire savoir aux gens de l’Eglise d’Angleterre (qui que ce soit qui leur ait donné l’ordre de tripatouiller la Vulgate) qu’ils ont bousillé une des plus belles proses jamais écrites ? Ils brûleront en enfer pour ça, vous pouvez me croire !
Personnellement ça m’est égal, je suis juive.

 

14 East 95th ST.
25 septembre 1950

Il a une édition originale de « L’Université » de New man pour trente balles et il demande innocemment si je la veux !
Cher Frank :
Oui je la veux. Je ne pourrai plus me regarder dans une glace. Je ne me suis jamais intéressée aux éditions originales en tant que telles, mais une édition originale de CE livre-là !
Bon sang !

 

14 East 95th ST.
New York City

 Cher Éclair –
Vous me donnez le tournis à m’expédier Leigh Hunt et la Vulgate comme ça, à la vitesse du son ! Vous ne vous en êtes probablement pas rendu compte, mais ça fait à peine plus de deux ans que je vous les ai commandés. Si vous continuez à ce rythme-là vous allez attraper une crise cardiaque.

Quatrième de couverture :

Par un beau jour d’octobre 1949, Helene Hanff s’adresse depuis New York à la librairie Marks & Co., sise 84, Charing Cross Road à Londres. Passionnée, maniaque, un peu fauchée, extravagante, Miss Hanff réclame à Frank Doel les livres introuvables qui assouviront son insatiable soif de découvertes. Vingt ans plus tard, ils s’écrivent toujours et la familiarité a laissé place à l’intime, presque à l’amour. Drôle et pleine de charme, cette correspondance est un petit joyau qui rappelle avec une délicatesse infinie toute la place que prennent, dans notre vie, les livres et les librairies. Livre inattendu et jamais traduit, 84, Charing Cross Road fait l’objet, depuis les années 1970, d’un véritable culte des deux côtés de l’Atlantique.

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Opium Poppy. Hubert Haddad

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Je vais avoir du mal à dire que j’ai adoré ce texte, car on peut difficilement adorer l’histoire de la destruction d’un enfant. C’est un roman magnifique mais dur.

C’est le récit d’une malédiction. L’histoire d’Alam, jeune afghan élevé dans un pays où le pavot est une des rares sources de revenus. La guerre arrive et sonne l’exil. Période trouble, le frère d’Alam s’engagera auprès des talibans, lui ne pensera qu’à fuir. On alterne alors entre le récit de la nouvelle vie française du jeune garçon, le centre de rétention, la rue, le statut d’apatride sans papier et le long chemin qui devait le mener à une vie plus belle. En arrière plan, le pavot qui suit Alam, qui se transforme pour devenir l’héroïne ; celle-là  même qui finira d’enfoncer ce peuple perdu des rues parisiennes.

C’est une plongée dans l’horreur, Hubert Haddad nous force à regarder la violence des hommes et pas seulement celle de la guerre mais aussi celle que l’on peut trouver juste en bas de chez nous.

Éditeur : Gallimard éditions
Collection : Folio
EAN : 9782070447244
Nombre de pages : 182

Citations :

  • On part découragé, en lâche ou en héros, dans l’illusion d’une autre vie, mais il n’y a pas d’issue. L’exil est une prison.
  • Ici, je meurs tous les jours, là-bas, je serai assassiné.
  • Drapé de pierre, il appelle Alam du fond de son cauchemar. Son frère voudrait lui parler par-delà la désunion et l’exil. Son frère lui ressemble trait pour trait. Mais c’est un démon, une sorte d’ange au sourire meurtrier. Ses mains brûlées se détachent en lambeaux. Est-ce lui qui a libéré l’otage ? Alam voudrait sauver Alam. Ses mots tracent un éclair et vont tinter au sol comme des douilles de kalachnikov. Lequel des deux s’est effacé ? Lequel est mort, lequel a survécu ? Le temps mène une guerre trop lente et trop cruelle.

Quatrième de couverture :

C’est l’histoire d’Alam. Celle d’un petit paysan afghan, pris entre la guerre et le trafic d’opium. À travers ses yeux, nous découvrons les choix terribles qui s’imposent à l’enfant soldat. À travers ses aventures d’immigré clandestin, nous sont dévoilés dans toute leur absurde crudité les chemins de la drogue, du producteur de pavot à l’héroïnomane parisien. Hubert Haddad nous offre un livre coup de poing.
En poète, en homme libre, il sait que la littérature seule peut approcher la tragédie. Dernier fleuron d’une ouvre encensée par le public et la critique, Opium Poppy résonne d’un lyrisme haletant, celui de l’urgence de l’engagement.

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Challenge « Le Nez dans les livres » chez George

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Un nouveau challenge autour de la lecture chez George

Il suffit de lire des romans dont le titre contient le mot : Lecture, livre, lecteur, auteur, librairie ou bibliothèque ou tous mots en rapport direct avec la Lecture  !

Trois catégories:
1. Histoires d’en lire : 1 à 3 livres
2. Pages Volantes : 3 à 9 livres
3. Lira bien qui lira le dernier : 10 livres ou plus

Je me suis inscrite dans la première catégorie, si vous êtes tentez vous aussi, allez faire un tour ICI !