La grâce des brigands. Véronique Ovaldé

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Partir. Toutes les promesses et les espoirs d’une vie peuvent tenir dans ce verbe.
Partir, c’est ce que fait Maria Christine Vââtonen quand elle a 16 ans. Il lui fallait quitter un milieu familial confiné, composé d’une mère fanatique, d’un père distant et d’une sœur fragile.

Son entrée dans sa vie d’adulte se fera à Los Angeles, nous sommes dans les années 70, les rêves de Maria Christina collent parfaitement au vent de libertés qui souffle sur ces années.
Entourée d’une colocataire foutraque, d’un amant-mentor, et d’une famille à la fois oubliée et encore présente, elle se construira peu à peu dans sa nouvelle identité, celle d’un écrivain à succès. Mais le fil qui la relie à Laprérouse, la ville de son enfance, se tendra à nouveau et au bout de ce retour aux sources l’attend un petit enfant.

L’écriture de Véronique Ovaldé tient à la fois du tableau impressionniste par ses petites touches discrètes et évocatrices que de l’opéra dans sa succession d’actes et son étrange apothéose.
Le lecteur ne lit pas l’histoire de Maria Christina, il écoute la musique de sa vie ; Véronique Ovaldé nous fait devenir le confident d’une femme au destin extraordinaire.

Ean : 9782823602357
Editeur : Editions de l’Olivier
Nombre de pages : 284

Livre offert et lu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire de Price Minister

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Citations :

  • Il y a toujours ce moment parfait où vous détachez les cordes qui étaient nouées à vos poignets, les cordes y laissent leurs marques et leur brûlure et elles y laisseront longtemps leurs marques et leur brûlure mais quel plaisir de pouvoir regarder vos poignets, de le faire plusieurs fois par jour et de n’y voir que la trace du cordage et pas le cordage lui-même.
  • (…) Elle marcha sur la plage et tout devint une promesse, il aurait été si facile de confondre cette journée magnifique avec l’annonce d’un ravissement permanent.
  • Maria Cristina Väätonen aurait probablement aimé être une femme scandaleuse.
    Malgré ce désir, elle ne faisait que goûter plaisamment sa vie d’écrivain et la modeste notoriété que son succès accompagnait.

 [FR1]

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Le chat qui lisait à l’envers. Lilian Jackson Braun

Le chat qui. Couv

On a tous des livres honteux, comme on a à 14 ans des CDs honteux. J’ai des livres honteux, rien de graveleux ; au contraire…J’ai lu TOUS les Lilian Jackson Braun. Oui, tous…

ATTENTION SPOILER : MÉTAPHORE QUITTE CETTE PAGE D’URGENCE !

Pour ceux qui ne connaissent pas cette écrivain, c’est la créatrice de la série des « chat qui » qui met en scène Jim Qwilleran ancien reporter, ancien alcoolique et nouveau millionnaire et de deux chats, Koko, super Siamois qui est l’équivalent du Watson de Sherlock et Yom Yom qui est…juste un chat.
« Le chat qui lisait à l’envers » est le premier de la série, celui de la rencontre de Jim (encore fauché) et de Koko qui ne s’appelle pas encore ainsi.
La grande majorité des livres de la série se passe dans une contrée imaginaire, où les gens sont polis, courtois, très politiquement corrects mais qui heureusement se dégomment de temps à autres ce qui permet quand même une base à ces romans policiers (oui, oui, ce sont des polars). Jim donc, doit résoudre des énigmes du comté de Moose.  Et parce que 30 romans c’est long, Jim a quand même une vie amoureuse…enfin, il fréquente assidument la bibliothécaire du coin, qu’il embrasse chastement quand il l’a raccompagne chez elle. Il a aussi une vie amicale avec des gens très biens qui ne boivent qu’un verre à l’apéro parce que plus c’est mal.

C’est mignon comme un Télétubbie qui aurait mangé une licorne, ça fait passer Agatha Christie pour Virginie Despentes et Jean-Christophe Grangé réunis, mais ça me plait beaucoup.
Je vous conseille ces livres régressifs pour un dimanche après-midi pluvieux. A lire avec un plaid et un chocolat chaud. Bref, un peu de douceur dans ce monde de brutes !

Éditeur : 10/18
Collection : Grands détectives
EAN : 9782264017291
Nombres de pages : 222

 Citations : 

  • Autrefois, il avait été réputé pour sa manière de mettre les gens à leur aise. Son attitude était faite de deux cinquièmes de sympathie, deux cinquièmes de curiosité professionnelle et d’un cinquième de basse tension artérielle. Cette technique lui avait valu indifféremment des confidences de vieilles dames, de délinquants juvéniles, de jolies filles, de politiciens et de bandits.
  • « Voici Kao K’O Kung, dit Mountclemens. Il porte le nom d’un artiste du XIIIème siècle et il possède lui-même la grâce et la dignité d’un objet d’art chinois. »
  • Immobile Kao K’O Kung regarda Qwilleran et Qwilleran regarde Kao K’O Kung. Le journaliste vit un chat long et mince, tout en muscles, avec une fourrure soyeuse, des yeux bleus et une indiscutable assurance.

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Martiens, go home ! Frederic Brown

Martiens go home. Couv

Bien, pour quelqu’un qui n’aime ni la SF ni la Fantasy, (cf billet du 31/10) je trouve que j’y consacre pas mal de temps sur ce blog.
Mais ceux qui me connaissent savent que je peux consacrer beaucoup de temps à faire des choses absurdes, lire ce livre en était une.

Donc ce roman présente une invasion martienne, mais ici pas de disparition programmée de l’espèce humaine, pas de sang de larmes et de furies, non juste des martiens …chiants (Oui j’ai envie d’être vulgaire aujourd’hui). Imaginez ces martiens comme une « incarnation » à la fois d’un paparazzi, d’un enfant de 2 ans, d’un collègue balourd, d’un ami qui arrête de fumer sans patchs, de votre copine qui ne rentre pas dans la robe en 38 qu’elle vient d’acheter, de votre copain qui en attend d’autres et qui se rend compte qu’il n’y a plus de bières au frigo, multipliez par dix et vous aurez le caractère des petits hommes verts de Brown et du degré d’exaspération qu’ils peuvent engendrer chez les humains.
L’idée est bonne si on la replace dans le contexte politique de l’époque : les années 50 aux États-Unis et l’émergence de la Guerre Froide et de sa surveillance tous azimuts. On pourrait même faire une comparaison avec les nouveaux modes de communications d’aujourd’hui, les exemples cités plus haut étant les thématiques essentielles des posts des réseaux sociaux… ! La surveillance dénoncée par l’auteur ayant pris de nouvelles formes au XXIème siècle.

Soit je n’ai aucun sens de l’humour, soit je suis passé à côté de celui du livre…
Encore raté pour cette fois-ci !

Éditeur : Gallimard
Collection : Folio SF
Ean : 9782070415625
Nombre de pages : 216

Citations :

  • « Voyons maintenant. Mon nom est Luc Devereaux. »
    « Quel nom idiot ! »
    « J’en penserai peut être autant du vôtre. Puis-je vous le demander ? »
    « Certainement, ne te gênes pas. »
    Luke eut un autre soupir.
    « Eh bien, quel est votre nom ? »
    « Les Martiens n’en portent pas. Coutume ridicule. »
  • Non seulement ils ne pouvaient en rejeter la responsabilité sur le dos des capitalistes fauteurs de guerre, mais ils découvrirent même bientôt que les Martiens étaient pires que lesdits capitalistes fauteurs de guerre.
  • « Je parle tous vos petits langages à la gomme. On les entend tous dans vos programmes de radio, et même sans ça, je me charge d’en assimiler un en une heure. C’est du genre enfantin. En y mettant mille ans, tu ne pourrais pas apprendre le martien. »
    « Pas étonnant que vous ayez faible opinion de nous si vous la fondez sur nos programmes de radio. La plupart sont puants, je vous le concède. »
    « Je suppose que vous êtes nombreux à le penser, puisque vous vous en débarrassez en les projetant en l’air… »

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Avec les Alcooliques Anonymes. Joseph Kessel

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En voilà un choc ! En flânant dans une belle librairie de quartier (mon activité préférée) je suis tombée sur ce livre et l’ai acheté uniquement parce qu’il rentrait dans mon challenge « Addiction ». Le titre :  « Avec les Alcooliques Anonymes » était plutôt clair !
Je connais comme tout le monde l’existence des « A.A » mais je n’ai jamais vraiment creusé le sujet. Cette lecture m’en a donné l’occasion. Il s’agit d’un reportage de Joseph Kessel aux États-Unis, dans les années 50 et publié en 1960.

Intrigué par cette méthode miraculeuse pour certains, qui a permis à des milliers de personnes de sortir des affres de l’alcool, Kessel est parti sur la route à la rencontre de ces hommes et femmes dépendants et de ceux qui les aident à s’en sortir.
Ce qui m’a le plus frappé dans ce livre sont les témoignages de personnes comme vous et moi, qui basculent. J’étais convaincue qu’il fallait un élément déclencheur très fort pour que quelqu’un se réfugie dans la boisson et devienne alcoolique et ici les vies décrites sont au départ, idéales. Une belle maison, un travail, une famille aimée et aimante et …l’alcool. La déchéance arrive à une vitesse stupéfiante sans que rien apparemment ne l’annonce.
Il y a aussi bien sûr la rencontre de Kessel avec les membres fondateurs des « Alcooliques Anonymes » et la description de leur façon de faire avec ces personnes en souffrance.

J’ai beaucoup aimé le fait que Joseph Kessel ne cache rien de ses questions, de ses doutes et de ses découvertes de ce monde trop souvent ignoré.
Je vous conseille vraiment cette lecture, même si vous n’êtes pas directement ou indirectement concerné par ce problème. Il permet d’avoir un autre regard sur ce peuple en souffrance, de sortir de l’idée que le  « pochtron du coin » est un sous-homme, un être faible, et de se dire qu’il a été et il sera peut-être à nouveau avec un peu d’empathie et beaucoup d’écoute, un homme comme vous et moi.

Mais malheureusement, le livre n’a pas pris une ride….

Éditeur : Gallimard
Collection : Folio
Ean : 9782070453559
Nombres de pages : 352

Citations :

  • Un soir où, une fois de plus, il souffrait de cette angoisse, quelqu’un lui tendit un Bronx cocktail. Il avala, sans avoir ce qu’il buvait, son premier alcool. D’un seul coup, la timidité, l’anxiété, l’humiliation disparurent. Il parla, il brilla. Encore un cocktail, un autre et il est le roi de la soirée. Il avait trouvé dans son verre le lien qui lui manquait avec les hommes, quels que fussent leurs fortunes ou leurs rangs.
  • Pourquoi même l’excès, même l’état d’ivresse ne déclenchaient-ils pas chez eux cette terrible réaction en chaîne qui obscurcissait, détruisait, emportait tout ? Pourquoi étaient-ils capables, quoique buvant, de contrôler, diriger leur vie ? Bref, pourquoi y avait-il des gens capables de maîtriser leur alcool et d’autres-comme Bill et le docteur Bob- qui en devenaient les esclaves ?
  • Prenez un diabétique, dit-il. Grâce au régime et au traitement médical qu’il suit, il a une vie et une activité normales. Mais il n’est jamais guéri. Il reste atteint du diabète et condamné à une stricte discipline. C’est exactement la même chose pour nous.
  • Un jour, uniquement à cause de la température, j’ai été pris d’une envie de bière bien fraîche. Aussitôt j’ai pensé : « allons, c’est de la folie. Voilà onze années que je n’ai pas touché à une boisson alcoolisée. Je ne vais pas recommencer maintenant. A quoi l’intellectuel en moi a répondu : « justement, après onze années d’abstinence parfaite, un verre de bière ne peut pas être dangereux. Que diable ! Un seul verre. Après onze ans ! Rien qu’un verre ! »
    (…)
    Alors ? Demandai-je.
    Alors, dit l’écrivain, « ce seul » verre de bière eut pour effet dans les dix-huit mois qui suivirent, de m’amener quinze fois, repris par le plus mortel alcoolisme, dans des asiles pour malades mentaux. Moi, l’esprit supérieur, moi dont la volonté exemplaire avait suffi au salut…

Challenge Addict