Un obus dans le coeur. Wadji Mouawad

un obus

Ils sont nombreux les textes sur la disparition d’une mère. Adulées, aimées ou haïes, ces femmes n’ont pas, dans l’inconscient collectif, le droit de mourir.
Le court roman de Wadji Mouawad est d’une force étonnante : il résume à lui seul tous les sentiments que peuvent inspirer la mort.

Son personnage, Wahab, est un enfant de la guerre du Liban. Confronté à des images atroces, il gardera en lui une colère immense née de la violence que peuvent se faire les hommes entre eux. Cette colère rejaillira à l’annonce de l’agonie de sa mère.
Il y a un lien très fort tout au long du texte entre cette mère et la guerre. La mère de l’enfance -aux mains sucrées, aux bras consolateurs- rappelle « l’avant » de la vie de Wahab, avant de voir des hommes et des femmes mourir, avant, quand tout était calme et serein. La mère de l’adolescence est celle qui change de visage, Wahab ne reconnait plus cette femme ; il reporte sur elle sa propre transformation, la formulation indistincte de ce qu’il a vu, enfant. La mère sort de la perception du cœur, elle est intellectualisée, elle perd son aura, son visage.
Elle tombe malade à l’entrée à l’âge adulte, Wahab n’a pas le temps de pardonner, de relativiser, sa mère le quitte avant la trêve.

C’est l’histoire un jeune homme de 19 ans qui refuse de toutes ses forces l’inéluctable, qui n’a pas la force nécessaire pour accepter son chagrin et qui, comme sa mère, va devoir passer en un nuit dans un autre monde, inconnu, effrayant.
L’une mourra et l’autre pourra commencer à vivre.
La mort comme un dernier acte d’amour.

 Extrait :

« J’aurais voulu te connaître, mais trop de peurs nous ont séparés. Tu resteras désormais au cœur de toutes mes couleurs. Pardon pour les inquiétudes. »

Lu dans le cadre du challenge « Jacques a dit » de Métaphore Bookaddict

jacques a dit

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5 réflexions au sujet de « Un obus dans le coeur. Wadji Mouawad »

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