Biographie de la faim. Amélie Nothomb

Biographie de la faim. Couv

Amélie Nothomb est un être éminemment dépendant. Dépendante de l’écriture ; sa graphomanie a fait sa réputation et la fortune de son éditeur, dépendante du champagne diront certains mais aussi et depuis toujours, dépendante de la faim. Cette faim qui est le personnage principal de ce livre. Il en était déjà question dans « Métaphysique des tubes » où elle se présentait comme l’incarnation d’un tube digestif, vide en permanence, qu’il fallait remplir pour exister.

On traverse une partie de la vie de Nothomb dans ce livre, de sa petite enfance japonaise, à l’entrée dans l’adolescence. Quelques soient les contrée traversées, la petite Amélie n’aura de cesse de se remplir. De nourriture donc, du sucré exclusivement prémices des troubles alimentaires qui jalonneront son adolescence ; d’eau surtout avec une potomanie délirante née d’une passion pour la fontaine d’un temple shintoïste et corollaire d’une autre passion, celle de l’alcool étonnement tolérée par son entourage familial (elle se faisait servir un whisky par son père tous les soirs à l’âge de …huit ans !).

« Biographie de la faim » est une longue métaphore filée  d’un manque. Un vide qui n’a pas de nom, une faim d’être.

Editeur : LGF/ Le livre de poche
EAN : 9782253117179
Nombre de pages : 188

Citations :

  • Adorer l’alcool ne m’empêchait pas de vénérer l’eau, dont je me sentais si proche. L’eau s’adressait à une autre soif que l’alcool : si ce dernier parlait à mon besoin de brûlure, de guerre, de danse, de sensations fortes, l’eau, elle, murmurait de folles promesses au désert ancestral contenu dans ma gorge. Si je descendais un rien en moi, je rencontrais des territoires d’une aridité sidérante, des berges qui attendaient la crue du Nil depuis des millénaires. Avoir la révélation de cet étiage me donna pour toujours la soif de l’eau.
  • J’avais faim de Nishio-san, de ma sœur et de ma mère : j’avais besoin qu’elles me prennent dans leurs bras, qu’elles me serrent, j’avais faim de leurs yeux posés sur moi.
    J’avais faim du regard de mon père, mais pas de ses bras. Mon lien avec lui était cérébral.
  • La surfaim n’était pas la possibilité d’avoir davantage de plaisir, c’était la possession du principe même de la jouissance, qui est l’infini. J’étais le gisement de ce manque si grandiose que tout en devenait à ma portée.

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3 réflexions au sujet de « Biographie de la faim. Amélie Nothomb »

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