Lettre d’une inconnue. Stefan Zweig

Lettre d'une inconnue. Couv

Cette femme est folle. Folle tout court et folle d’un homme. Ce livre de Zweig –un de mes auteurs préférés- m’a vraiment marquée. Il s’agit de la  lettre qu’une femme écrit juste avant de disparaître. Elle est adressée à l’homme de sa vie, celui qu’elle a toujours aimé, à qui elle a toujours été fidèle…sans qu’il ne le sache.
Il n’y a rien de pire sur terre que d’aimer à sens unique et pourtant, je n’ai éprouvé aucune empathie pour cette femme amoureuse. Elle a épiée depuis son adolescence, jour et nuit l’objet de son amour, elle l’a suivi, l’a frôlé, a eu des aventures avec lui mais elle n’a jamais cherché à avouer ses sentiments. Elle a cette immaturité de penser que l’autre, celui qu’elle aime en secret, doit découvrir son amour, le reconnaître, elle semble se complaire dans cette souffrance inouïe de l’attente d’un regard, de l’espoir d’un amour partagé. Je parle d’objet amoureux car cet homme semble pour elle une incarnation de tous ses rêves et ses fantasmes et qu’elle ne peut que le laisser dans son statut d’homme sur un piédestal, comme si elle sentait que le ramener sur terre le rendrait trop humain, donc imparfait.
Cette montée  de la passion est magistralement décrite par Zweig, jusqu’au paroxysme : quand on ne vit qu’à travers l’être aimé et que l’on veut en finir avec cet amour, il faut disparaître soi-même.

Je pense à ce proverbe « Quand vous aimez, buvez dans le même verre mais ne soyez pas ce verre ».

Éditeur : Stock
Collection : La Cosmopolite
EAN : 9782234063112

Citations :

  • Au tréfonds de mes entrailles, dans tout l’inconscient de mon être, vivait encore cette vieille chimère enfantine : peut-être m’appellerais-tu de nouveau, ne serait-ce que pour une heure. Dans l’éventualité de cette heure-là, j’avais tout chassé, afin d’être tienne quand tu m’appellerais. Depuis que j’ai quitté l’enfance, ma vie a-t-elle été autre chose que l’attente, l’attente de ton bon vouloir ?
  • Te voir rien qu’une fois, te rencontrer rien qu’une fois, ainsi en allait ma seule volonté ; une petite fois de plus, avoir le loisir de poser de loin mon regard sur ton visage.
  • Toute la nuit, j’ai attendu- c’était une nuit glacée de janvier. J’étais exténuée, mes membres me faisait souffrir, et il n’y avait plus de siège où m’asseoir : je me suis alors étendue sur ce sol si froid qu’il en était douloureux, je ne portais qu’une robe légère : je ne voulais pas avoir chaud de peur de m’endormir et de ne pas entendre tes pas.

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6 réflexions au sujet de « Lettre d’une inconnue. Stefan Zweig »

  1. je ne connais cet oeuvre de Zweig, mais la folie semble être une thématique récurrente pour cet auteur quelque en soit la cause origininale (le jeu, l’amour, l’enfermement…)

  2. Oui tu as raison, la folie ou plutôt une sorte de « point de bascule » est une thématique récurrente. Si tu es intéressée par Zweig, je te conseille le challenge de Métaphore (le lien vers son blog est sur le mien), tu devrais participer 🙂 et je te conseille surtout « le bouquiniste Mendel » qui est mon livre préféré de cet auteur!
    Bonne lecture, et merci pour ton commentaire !

  3. Ping : Challenge Stefan Zweig – Liste des participants | Métaphore

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