La confusion des sentiments. Stefan Zweig

La confusion des sentiments. Couv

Quel beau titre ! La confusion…quand la frontière entre amour et amitié n’est pas si étanche que cela. C’est ce que nous raconte un homme, philologue, en revenant sur ses jeunes années. Il fut un étudiant dilettante à Berlin dans les années 20, recadré par son père, il changera d’université pour s’installer dans le centre de l’Allemagne étudier la philologie anglaise. Il y rencontrera un professeur, LE professeur. Un de ceux qui donne envie de se surpasser. De cette admiration naîtra un besoin éperdu de reconnaissance qui passera par une volonté de culture, d’études, de travail sans fin. Ce « maître » étrange, passionné, d’humeur inconstante entraînera Roland (le prénom du narrateur n’apparaît que tardivement dans le texte) dans les spirales de la passion. Une passion intellectuelle ; il admire son mentor, il s’oublie à force de vouloir lui plaire, il perçoit tout juste les failles et les secrets de l’homme qui incarne sa dévotion. Jusqu’à la révélation finale.

Une fois de plus, Stefan Zweig m’a subjuguée par ses écrits. C’est un auteur que j’apprécie depuis longtemps (« Le bouquiniste Mendel » a été un texte qui a orienté ma vie…je vous en dirai plus quand j’en ferai un billet !). Chaque mot est pesé, son talent pour la description des lieux, des personnages, fait que vous êtes immergé dans le monde qu’il peint. J’ai aimé ces deux personnages, l’un qui, au soir de sa vie, sait revenir sur sa jeunesse sans cacher sa naïveté, ses tourments, sa candeur du jeune homme d’alors et l’autre qui, à force de batailles contre lui-même, n’a plus que la littérature pour exister de temps en temps.

Éditeur : LGF/ Le livre de poche
EAN : 9782253162766
Parution originale : 1927

  • J’avais en une heure de temps renversé le mur qui jusqu’alors me séparait du monde de l’esprit et je me découvrais, moi, passionné par essence, une nouvelle passion qui m’est restée fidèle jusqu’à aujourd’hui : le désir de jouir de toutes les choses terrestres dans des mots inspirés.
  • Combien j’ai souffert à cause de cet homme survolté, qui lançait des éclairs, passant brusquement du chaud au froid, qui inconsciemment m’enflammait pour me glacer aussitôt, et qui par sa fougue exaltait la mienne, pour brandir ensuite soudain le fouet d’une remarque ironique ! – Oui, j’avais le sentiment cruel que plus je m’approchais de lui, plus il me repoussait avec dureté et même avec inquiétude. Rien ne devait, rien ne pouvait le pénétrer, pénétrer son secret.
  • Soumis à une torture incessante, il s’efforce de faire rentrer dans l’ordre, avec le fouet du contrôle de soi, cette passion sortie du chemin habituel ; toujours de nouveau l’instinct l’entraîne vers le ténébreux péril. Dix, douze, quinze années de luttes épuisantes pour les nerfs, contre la force magnétique et invisible d’une inclination incurable s’étirent en une seule convulsion, jouissance sans plaisir, honte qui étouffe ; et petit à petit apparaît ce regard, obscurci et timidement caché en soi-même, inspiré par la peur de sa propre passion.

Lu grâce au challenge de Métaphore

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8 réflexions au sujet de « La confusion des sentiments. Stefan Zweig »

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