Cabaret sauvage. Isabelle Kauffmann

cabaret sauvage. couv

Enfin de la fiction de la vraie ! Comme ça fait du bien. Il y a beaucoup de récits déguisés en romans dans la littérature française actuelle, les nouvelles d’Isabelle Kauffmann arrivent donc à point.
Nouvelles, je devrais dire plutôt, roman-nouvelles, car les neuf saynètes qui composent ce livre forment une entité.
Neuf nouvelles donc où il est question d’Homme et d’animaux ou plutôt d’Animal et d’hommes. Comme dans les contes d’enfants, la mise en scène des deux permet de sonder les méandres de l’âme, des comportements, de la vie et de ses questions.
La douce Nora et ses ailes d’oiseau qui se vengera des curieux, l’amour d’un homme pour un lion et la chute incroyable de cette histoire, un rat qui sauvera de la folie un prisonnier…ces histoires qu’on lit dans un souffle sans que rien ne paraisse étrange. Alice ne conversait-elle pas avec un chat et un lapin ? Le pêcheur d’Hemingway ne négociait-il pas avec un poisson ? Rien d’étrange dans notre socle littéraire commun, Isabelle Kauffmann le dit très bien quand elle présente son livre ; de tout temps, en tout lieu, les légendes, les histoires et les contes laissent une part prépondérante aux animaux. Les petits enfants dorment avec des animaux en peluche…La bêtise des grands est de penser qu’ils n’ont plus besoin de croire en leur part animale. Dommage, cela empêcherait pas mal d’aberrations faites au nom des hommes.
C’est un texte foisonnant, on le lit une première fois pour découvrir les histoires, une deuxième pour creuser les questions qu’il soulève, une troisième pour la beauté des mots, leur musique.
Il restera dans ma bibliothèque, j’ai plaisir à me dire que je vais le relire, qu’il est là ; qu’il a trouvé sa place au milieu de mes livres usés à force de lectures et qu’il n’a même pas eu besoin d’un temps d’acclimatation.

Editeur : Le Passage
EAN : 9782847422139

Citations :

  • Cher moi,
    Je t’écris pour que tu saches que je te méprise. Il y a longtemps que je voulais te le dire. Voilà qui est fait.
  • Tout le monde disait de Nora qu’elle avait un appétit d’oiseau. Mais personne ne savait à quel point cela était juste. Car sous les vêtements toujours amples qu’elle portait, il y avait deux petites ailes duveteuses qui bruissaient imperceptiblement lorsqu’elle montait ou descendait les escaliers.
  • Nous avons contourné la grande ville, et après les bidonvilles et les cases misérables, nous parvînmes sous le clair de lune devant un horizon de hautes herbes et de terre brûlée. Il s’immobilisa soudain, la truffe relevée, et sa queue à l’extrémité touffue fouetta l’air chaud et lourd. Il fixa l’étendue immense et pâle-mon lion adoré, mon ami, mon roi, mon âme. Lorsque, dans un ultime élan, il contracta ses 250 kilos de muscles en rapprochant son poitrail énorme de ses pattes, je le vis s’élancer pour la dernière fois.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s