Les Amantes ou Tombeau de C. Jocelyne François

Les amantes. Couv

J’ai été tentée de créer une nouvelle catégorie pour ce livre. Une sorte d’écrin, afin qu’il ne traîne pas avec les autres tant il est particulier. J’ai lu cent fois les « «Les Amantes »….
L’histoire de deux femmes qui s’aiment et vivent ensemble dans un village varois. L’une des deux va rencontrer C, le poète. Se crée alors le jeu dangereux de l’amitié amoureuse. Ce sentiment ténu qui tient sur un fil, qui basculera peut-être dans un amour « classique » ou les fera tomber dans l’anonymat sentimental d’une amitié sobre.
Quand on est Jocelyne François et René Char, on préfère être funambule.
On avance par touches dans ce texte, c’est un tableau d’impressionnistes, où, comme dans  la latence amoureuse, chaque geste, chaque mot veut dire quelque chose et fait entrer dans le pays des « peut-être ». Où le désespoir le plus noir fait suite aux élans merveilleux d’une joie infantile. C’est une peinture sans pastel, un temps arrêté dans la vie du narrateur.
Lisez ce livre et laissez vous porter par les mots, ils résonneront longtemps.

EAN : 9782070376988
Éditeur : Gallimard Éditions
Collection : Folio

Citations :

  • Personne ne le comprendrait, que nous puissions êtres aussi tendres, aussi effusifs et pourtant amis. Cela nous est propre, c’est notre évidence à nous, on pourrait nous croire amants, on se tromperait : nous pouvons échapper aux fixations, aux engloutissements dans le stable. Nous sommes mobiles, nous sommes aériens, demeurons incompréhensibles aux autres.
  • Si l’on est entré dans une réalité, il ne faut plus se soucier le moins du monde des commentaires qui vont leur train au-dehors. Puisqu’ils sont en dehors.
  • Mais il n’en demeure pas moins vrai qu’un changement insidieux s’est produit entre eux. On peut feindre de l’ignorer, on peut se dire qu’il correspond à un état somatique différent et que l’esprit n’en est pas affecté mais il est impossible de ne pas poser la seule question importante : celle de savoir si l’autre ressent lui aussi ce glissement.
  • Alors, dans la trêve qui suit, elle retourne au silence de l’écriture. Cela ressemble à l’alternance des saisons ou à la précipitation des équinoxes et des solstices dans un temps qui se déroulerait autrement.

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