Un hiver avec Baudelaire. Harold Cobert

un hiver avec baudelaire couv

Cela parait presque trop facile. On a une maison, une femme, un enfant et le lendemain, plus rien. Ce qui arrive à Philippe on voudrait se dire que ça ne peut pas nous toucher. Et pourtant…
Harold Cobert nous fait regarder cette histoire en face. Celle d’un homme qui après une rupture, se retrouve à la rue. Qui, en quelques jours, fera partie des hommes et des femmes errants, de cette tribu de l’ombre. Ces fameux Sans Domicile Fixe qui reviennent régulièrement dans l’actualité, que l’on croise tous les jours, que l’on évite comme si leurs vies étaient contagieuses.
C’est un tableau clinique de la chute d’un homme, qui lentement remontera la pente grâce notamment à Baudelaire, le chien, qui se fiche bien de savoir si Philippe est un homme fréquentable ou non. Grâce aussi à ces amitiés qui ne peuvent naître que dans des situations extrêmes, des cadeaux offerts par ceux qui n’ont pas grand-chose, qui donne du temps et de l’écoute, ce qui vaut bien plus cher que de l’argent.
Il n’y a pas de pathos, pas de moral dans ce livre, c’est ce qui en fait la force.
Harold Cobert nous offre le temps de faire un brin de route avec Philippe, Baudelaire, le Berbère, Fatima et les autres.
Cela ne résoudra rien à la condition de ces hommes et de ces femmes, si ce n’est notre regard.

Editeur : LGF/ Le livre de poche
EAN : 9782253133537

Citations :

  • Ils se dévisagent. Sans un mot, Philippe tourne les talons, prend sa valise et sort de la maison.
    Dehors, il reste debout sur le paillasson, la tête baissée, le bras tendu en arrière et la main crispée sur la poignée de la porte.
  • J’ai honte, tu sais…J’ai tellement honte…Je ne prends plus ma mère au téléphone…La pauvre, ça la tuerait…Et ça fait même deux semaines que j’ose pas téléphoner à ma fille, alors que je lui avais promis de l’appeler tous les soirs pour lui raconter une histoire…T’imagines, ma princesse…
  • L’avenir se vit au présent. Un présent qui ne se conjugue pas. Ou uniquement au mode infinitif. Parce qu’aujourd’hui ressemble à hier, et demain à aujourd’hui.
    Manger. Dormir. Boire. Rester propre. Emmaüs. Mendier. Regarder la date sur la une des journaux. Penser à Claire.
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4 réflexions au sujet de « Un hiver avec Baudelaire. Harold Cobert »

  1. Ah! Déjà! Il faut que je lise les miens! Vivement que l’on puisse avoir des journées de 48 heures 🙂

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